Saviez-vous que la rue de Rivoli, une partie du Louvre ou l’arc du Carrousel étaient l’œuvre d’un Pontoisien ?
Né en 1762 dans le quartier Notre-Dame de Pontoise, Pierre François Léonard Fontaine est fils et petit-fils… de fontainiers ! Ses aïeuls étaient en effet chargés des bassins du splendide jardin de l’abbaye Saint-Martin de Pontoise.
Le jeune Pierre débute auprès de son père lors de l’aménagement des bassins du château du prince de Conti à l’Isle-Adam en 1778. L’année suivante, il entre dans l’atelier de l’architecte parisien Antoine-Fran-çois Peyre. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec son condisciple Charles Percier. Les deux ar-tistes se passionnent pour l’art romain et vont impo-ser le néoclassicisme dans la capitale.
L’inventeur du style Empire
L’ascension de Bonaparte permet à Percier et Fon-taine d’imposer leur style inspiré de l’Antiquité. En effet, devenu empereur, Napoléon nomme les deux architectes responsables de la restauration et de la décoration de tous les anciens châteaux royaux. Ils sont aussi chargés de la transformation urbaine de Paris avec le percement de la rue de Rivoli. Pierre Fontaine dirige également les manufactures de tapisserie et participe au chantier de l’arc de Triomphe de la place de l’Étoile. Après la chute de l’Empire, Pierre Fontaine conserve les faveurs du pouvoir. Louis-Philippe le charge de réaménager, entre autres, le Palais-Royal et le château d’Eu.
Malgré une carrière prolifique, Pierre Fontaine n’ou-blie pas sa ville natale. En 1823, l’Hôtel-Dieu de Pon-toise fondé par Saint-Louis sur les bords de l’Oise, est devenu obsolète. Pierre Fontaine propose les plans d’un nouvel établissement qui seront exécutés par Vellet. Inauguré en 1827, cet hôpital est détruit par les bombardements allemands de 1940. Pierre Fontaine est aujourd’hui reconnu comme l’un des artistes majeurs du XIXe siècle. La vente de ses archives pour un montant de 1,7 million d’euros nous rappelle l’importance de son œuvre. Les institutions les plus prestigieuses, Archives Nationales, Biblio-thèque Nationale, Institut de France, musée du Louvre… se sont portées acquéreurs du style Fon-taine.