Connaissez-vous la grande cavalcade de Pontoise ? En 1906, elle fait l’honneur de la Ville. Remontez le temps, il y a 120 ans, pour découvrir cette ancienne fête charitable et populaire.  

L cavalcades sont des fêtes traditionnelles organisées au XIXe siècle dans de nombreuses régions de France. Elles consistent en un défilé de chars thématiques tirés par des chevaux. Toute la ville y participe, pour la réalisation des chars, la confection des costumes et pour le défilé lui-même. Ces manifestations sont généralement organisées pour récolter des fonds destinés à une œuvre de bienfaisance. À Pontoise, les archives municipales conservent le souvenir de trois grandes cavalcades en 1878, 1882 et 1906. 

Une tragédie nationale à l’origine de la grande cavalcade de 1906
La grande cavalcade de 1906 a lieu le dimanche 22 avril, soit le dimanche suivant Pâques. Elle est organisée avec la ville de Saint-Ouen-l’Aumône en un temps record, un mois à peine, en raison d’un drame qui a bouleversé tout le pays. En effet, le 10 mars 1906 a lieu un grave accident minier à Courrières, dans le Pas-de-Calais. À la suite d’une explosion due à des particules de charbon dans l’air, 1 099 ouvriers trouvent la mort. C’est encore aujourd’hui, la catastrophe minière la plus meurtrière d’Europe, et la deuxième dans le monde. Pontoise s’organise donc pour venir en aide aux sinistrés. Dès le 21 mars, le conseil municipal vote une allocation en faveur des familles de mineurs. Le 28 mars, le préfet autorise le Comité de la Cavalcade à organiser une grande tombola au profit des victimes et du bureau de bienfaisance de Pontoise et de Saint-Ouen l’Aumône. Les prix décernés sont des obligations de la Ville de Paris, une garniture de cheminée ou encore, une montre en or. 

Une fête animée et chamarrée 
Le dimanche 22 avril à midi, le cortège se réunit rue de Gisors. Il s’élance sous l’égide de Suzanne Allais, élue « reine des reines » de la cavalcade. Le défilé se compose de 15 chars accompagnés de bénévoles en costumes exotiques : mexicains, toréadors, chefs arabes, hongrois, roumains... Le premier char, dédié à l’agriculture, est tiré par quatre bœufs. La procession est clôturée par un char « réclame », des voitures fleuries, des clowns et des cyclistes ! 

Cet ensemble bigarré traverse le bas de la ville pour rejoindre Saint-Ouen-l’Aumône par le pont. La veille, une retraite aux flambeaux est organisée et les Pontoisiens sont invités à pavoiser et illuminer leur demeure. Le dimanche soir, les festivités s’achèvent en dansant, avec de grands bals de nuit. Ainsi, Pontoise a su lier la tragédie à la fête.