Autoritarisme, précipitation et silence.
Pour celles et ceux qui auront été surpris·es de ne pas lire notre dernière tribune, quelques mots pour rétablir les faits. La mairie a estimé que « plusieurs passages ayant été considérés comme susceptibles de présenter un caractère diffamatoire » justifiait de ne pas publier notre texte. Une nouvelle version a été proposée, mais également refusée sans qu'on nous dise, malgré nos demandes, quels étaient les passages problématiques. Cette incapacité à nous préciser le caractère diffamatoire de nos propos s'apparente pour nous à une forme de censure, une première pour une tribune de l'opposition à Pontoise. Il semble moins question des mots utilisés que du sujet abordé : la multiverbalisation dont témoignent de nombreux jeunes des quartiers populaires, politique qui illustre les orientations sécuritaires de la majorité. Toujours plus de caméras, de policiers municipaux, d'armements... Nous continuerons de nous y opposer en particulier quand elles conduisent, ici comme ailleurs, à des pratiques discriminatoires.
Et comme si cette question ne suffisait à mettre de la distance entre l’équipe municipale et les habitant·es de certains quartiers, la municipalisation à marche forcée des maisons de quartier des Louvrais et de Marcouville illustre le peu de considération pour celles et ceux qui animent la vie sociale depuis des décennies. 900 signatures ont été collectées par le Collectif des Habitants de Marcouville pour dénoncer une décision ni discutée, ni débattue avec la population et dont on ne comprend toujours pas les véritables motivations. La vie associative est une richesse pour notre territoire, la soutenir et lui donner les moyens d’agir est essentiel.
Précipitation, autoritarisme : les parents des élèves de Ludovic Piette et de l'Hermitage pourront aussi en témoigner, alors que la ville a décidé de supprimer les temps d'accueil périscolaire après l'école. Nous avons une pensée pour ces enfants privés de ces moments de jeu et d'épanouissement collectif, dorénavant obligé·es de choisir entre étude dirigée ou retour à la maison.
Une pensée également pour les Pontoisien·nes qui, après des pannes de chauffage et d'eau chaude à répétition l'hiver dernier, ont subi les canicules inédites de cet été. Bien que certain·es osent se demander comment nous aurions pu prédire les effets de cette crise environnementale, d'autres s'épuisent à nous en alerter. À Pontoise, la nouvelle école de Marcouville, censée incarner la modernité, a dû fermer ses portes dès les premières fortes chaleurs de l'été : difficile de trouver un symbole plus clair de l'impréparation et de la légèreté avec laquelle est traitée l'urgence climatique.
A la veille d’une rentrée politique au cours de laquelle les positions les plus réactionnaires n’auront de cesse de jeter le discrédit sur le militantisme associatif, antifasciste, écologiste ou féministe, nous souhaitons réaffirmer ici notre opposition à toute forme d’alliance et de sympathie avec quelques unions des droites que ce soit, ici comme ailleurs. Notre mandat exercé à Pontoise et à l'agglomération, avec les habitant·es, associations et collectifs citoyens qui le souhaitent, s’attachera toujours à défendre la justice sociale et environnementale.
Le groupe « La L!ste » – Julie Vadebeaux, Emmanuel Potier, Flo-rence Chambon, Ayoub El Houdaigui.