S’il est trop tard pour les arbres…

Détruire la nature dont nous avons tant besoin pour des questions d’opportunité devient une manie à Pontoise.

Projeter un parc d’attraction dont l’ambition est d’égaler Disney avec ses 15 millions de visiteurs : une opportunité.

Couper des arbres qui présentent, un « état physiologique de sain à moyen » pour limiter des « interventions d’entretien de plus en plus importantes » et faire l’économie d’un plan de renouvellement progressif : une opportunité.

À bon entendeur donc.

Vous ne le saviez peut-être pas mais le 13 octobre dernier, sans même un effort de pseudo concertation, 36 peupliers ont été abattus avenue de l’Est. Avec les 11 coupés en 2024, ce sont 47 arbres qui ont disparu, un patrimoine que le diagnostic commandé par la Ville décrivait comme « les poumons » des Larris. Et tant pis si 23 d’entre eux pouvaient vivre encore 10 ans. Tant pis si ces îlots de biodiversité et de fraîcheur pouvaient demeurer le temps que d’autres grandissent.

… il est encore temps pour nos enfants.

Pour se défendre du procès en mollesse face aux blocus des lycées que lui intentent la droite et l’extrême droite, le ministre de l’Intérieur a déclaré : « Il n’y a aucune consigne de retenue. »

Le bilan des violences policières le confirme :

- Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens

- Un autre de 16 ans a perdu l’usage d’un oeil à Tours, blessure jugée compatible avec l’impact d’un tir de LBD selon la procureure

- Un lycéen de 14 ans de Saint-Ouen l’Aumône a reçu un tir de lance-grenade par un policier qui était à moins de 2m de lui. Résultat : double fracture de la mâchoire et plus de la moitié des dents cassées.

Ajoutons à cela des dizaines d’autres blessé·es, sans compter ce qui devra être caractérisé comme des violences sexistes et sexuelles, et des milliers de garde à vue, dont une très grande majorité pour des mineur·es. L’IGPN permettra peut-être de montrer les responsabilités de quelques policier·es. Or, c’est la stratégie du maintien de l’ordre, largement partagée localement, qu’il faut changer.

Depuis des années, la commission aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe appelle la France à revoir « au plus vite » sa doctrine d’emploi des armes intermédiaires et demande l’arrêt de l’usage des LBD.

Mais il ne fait aucun doute que si, comme en Angleterre, ces policier·es n’avaient pas été armé·es, ces jeunes seraient aujourd’hui indemnes. Il ne fait aucun doute non plus que, dans de telles circonstances, les élu·es devaient être aux côtés des lycéen·nes pour les écouter, échanger et les protéger. À notre connaissance, cela n’a pas été le cas. La municipalité s’est contentée d’envoyer sa police municipale, qu’on sait armée, voire sur-armée, pour une mission dont on peut légitimement se demander si elle était de son ressort.

Qui pourrait affirmer que le drame qui s’est produit devant le lycée d’Epluches à Saint-Ouen l’Aumône ne pourrait pas se produire devant le lycée Pissarro ou dans certains quartiers où des jeunes semblent faire déjà l’objet d’un usage abusif d’amendes forfaitaires délictuelles dénoncées par la Défenseure des Droits ?

Personne. Alors, pour l’avenir de la planète et des jeunes, des décisions s’imposent Mme Von Euw.

Enclenchez une politique écologique et désarmez votre police municipale



Le groupe « La L!ste » – Julie Vadebeaux, Emmanuel Potier, Flo-rence Chambon, Ayoub El Houdaigui.